jan 092
[By Jay] Trip to Ireland with My Goodness folks – Day Three
Notre ami Jay me fait l'honneur d'écrire de sa plume sur mon chez-moi, pour ce tout premier "featuring" où donc, une fois n'est pas coutume, ce n'est pas moi qui écrit. Enjoy.
Dimanche matin, le réveil est difficile, je sens encore les effets de la Guinness et de la vodka-RedBull à travers mes veines. J’ouvre les yeux, c’est notre dernière journée ici, il est environ 10h, comme à l’habitude Clem est déjà réveillé.
Le téléphone sonne, nos deux compères seraient-ils levés et sur le pied de guerre ? Non, c’est juste Thierry, qui d’une voix sortie des entrailles de l’enfer, demande à Clem s'il n’a pas un remède miracle contre le mal de crâne… Prontalgine, of course !
Le temps n’a pas beaucoup évolué depuis hier, normal nous sommes en Irlande, mais en bons picards que nous sommes, la pluie et le vent ne nous impressionnent guère.
Je me lève, pose mes deux pieds au sol, « oh my god ! », je me rends compte de mon état, je suis encore sous l’emprise de l’alcool, vite, une douche et un petit déjeuner me feront le plus grand bien.
Je sors de la douche, toujours dans le même état, nous sommes tous dans le même état, la soirée d’hier a laissé des traces… Sur les conseils avisés de Clem, je prends deux comprimés de Prontalgine, je viens de commettre une grave erreur.
Trop tard pour prendre le petit déjeuner, nous dit Thierry lors de notre arrivée. Qu’a cela ne tienne, je partage la dernière assiette disponible de ce fameux Full Irish Breakfast avec Clem, pendant que Sisco boit le jus d’une coupe de fruits pour se réhydrater.
Après une petite galère avec nos cartes de chambres qui ne fonctionnaient plus, nous nous rejoignons dans le hall de l’hôtel avec nos bagages, prêts à partir vers de nouvelles aventures. Quelle surprise de voir Laura et sa mère revenir d’une promenade matinale, après un cours échange, je décide d’aller prendre l’air, j’ai l’impression de ne plus rien contrôler, le Prontalgine fait effet… horreur.
C’est l’heure de quitter Belfast, dans la voiture, le calme règne, un goût amer tarde à partir de ma bouche, je suis assez triste de quitter cette ville si chaleureuse malgré le poids de son passé. Pourtant je sais déjà que Dublin me réserve son lot de surprises et de stupéfactions. Des flashbacks de la soirée d’hier traversent mon esprit, et raisonne dans ma tête comme cette chanson qui ne me quitte pas depuis mon réveil, elle se fait de plus en plus nette au fur et à mesure que nous nous approchons de Dublin.
Nous avons tous plus ou moins dormi sur la route, avec parfois le récit d’anecdotes de la soirée de la veille, qui coupe le silence grâce à nos rires et nos exclamations.

Dublin, nous voilà, c’est le début de l’après midi, Thierry décide de garer la voiture près du centre ville. Il pleut, mais nous sommes à Dublin et c’est notre dernier jour, il faut en profiter.
Notre balade nous emmène dans le centre ville, je suis émerveillé par l’architecture, les rues sont étroites à certains endroits, quel spectacle ! Je reste fasciné par le contraste des couleurs chaudes et joyeuses des façades avec le ciel gris, peut-être une forme de compensation pour dire, certes il ne fait pas toujours beau chez nous, mais nos maisons sont le reflets de notre cœur, accueillant et ouvert aux autres.
Il est temps pour nous d’hydrater nos corps meurtris par la soirée de la veille. Nous entrons dans un pub, et c’est à nouveau un démarrage sur les chapeaux de roues, Guinness, Heineken et vodka-RedBull sont notre apéritif. Deux musiciens sont là, ils jouent des morceaux de musique traditionnelle, ponctués de discours agrémentés de plaisanteries légères. C’est bon d’être ici, les gens sont détendus, la musique nous transporte à travers ce pays.

Nous continuons notre route, nous passons devant le « Temple Bar », endroit mythique. Nous ne ferons pas de halte à l’intérieur, bien que l’envie d’entrer boire une Guinness me chatouille.
Nous sommes dans le quartier touristique, l'un des plus vieux de la ville. Au XVIIIe siècle, ce quartier insalubre était connu pour ses maisons closes et ses pubs plus que douteux. Durant le XIXe siècle, ce lieu prit de l'importance, et ce n’est qu’au XXe siècle, à la fin des années 80, qu’il fit l’objet de nombreuses rénovations, pour aujourd’hui être un endroit incontournable de la ville.
Nous décidâmes de manger dans un restaurant gastronomique, où la spécialité sont les hamburgers. Je vous vois venir, et bien non, pas de Mc Donald’s, nous nous posons dans le Gourmet Burger Kitchen, énorme et délicieux ces hamburgers, les Cocas sont servis en pinte. Thierry nous prévient d’avance qu’il ne boira pas tous ce Coca, trop dangereux pour son estomac. Fin du repas, c’est le moment de prendre un café… Et là, surprise, Thierry se trouve fasse à une tasse, dont le contenu doit à peine dépasser celui d’un dé à coudre. Et oui Thierry, la serveuse a probablement dû penser que tu n’étais pas un gros buveur ! Cela nous permet de rire une fois de plus.
Sortie du restaurant, Thierry nous dirige vers le « Foggy Dew », le pub où notre cher Paul a fait ses armes. Sur la route nous pensons à eux, Steve et Paul, nos deux serveurs Irlandais préférés. Souvenez vous, depuis le début de la journée, j’ai une chanson dans la tête, un morceau du groupe The Fureys, le titre… Dublin, qui me fait dire aux autres : « Si Steve était avec nous, il nous chanterait cette chanson avec passion ». Tout le monde acquiesce. C’est le cœur empli d’émotion que je suis les autres à travers les rues de cette magnifique ville. Une fois de plus, je suis en extase devant les façades des maisons, et reste agréablement surpris par la gentillesse des gens et surtout leur ouverture d’esprit.
Nous voilà arrivés, dans ce fameux pub, et là, les mots ne servent plus à rien, il faut juste s’imprégner de l’atmosphère et de la décoration magnifique de cet endroit mystique. Thierry nous explique que c’est un de ses pubs favoris à Dublin, nous ne sommes plus dans un pub touristique, ici tout est authentique, l’odeur de cire agite mes capteurs sensoriels, le bois est travaillé, sculpté, les miroirs sont immenses et surtout gravés ! Chose remarquable, les tuyaux de ventilation sont en cuivre. Toutes ces choses, ces matériaux nobles réunis ensembles dans un même lieu… c’est simplement somptueux.

Mais que signifie « The Foggy Dew » , me direz-vous ? C’est en fait le titre une chanson révolutionnaire en rapport avec l’insurrection de Pâques en 1916, parfois appelées les « Pâques sanglantes ». C'est un évènement important de l’Histoire irlandaise, il fait partie de la mémoire collective des irlandais. C’est la rébellion d’un peuple contre l’occupant britannique.
Il est déjà temps pour nous de rejoindre la voiture direction l’aéroport, sur notre route, je reste « scotché » devant le fameux « Wall of Fame », une partie des plus grands artistes Irlandais ont leur photo sur ce mur (U2, Paul Brady, Rory Gallagher, Shane Mc Gowan, Sinead O Connor…), je prends un photo, puis une autre, un souvenir de plus…
Nous traversons Dublin direction l’aéroport. Nous arrivons à l’agence pour déposer notre 307 WRC, et là je me dis, ça ne passera jamais... elle n’est plus tout à fait dans le même état depuis notre périple à travers l’Irlande profonde. Boue, rayures, cendre de cigarettes… Finalement, la personne qui s’occupe de récupérer la voiture ne verra rien, et nous souhaitera une bonne soirée, nous prenons la navette qui nous emmène au point de non retour.
Drôle de conduite ce chauffeur, il ne respecte pas beaucoup les signalisations… Je pense qu’il est pressé de finir son service pour aller tranquillement déguster une Guinness dans son pub fétiche ! Soudain, un cri au fond du bus nous fait tous sursauter, Sisco vient de se battre en duel avec un bourdon, c’est encore l’occasion de se taper un fou rire. Paradoxal ce pays, un bourdon en plein hiver.
Arrivés devant l’aéroport, nous fumons notre dernière cigarette sur le sol irlandais. Et là, quelle fut ma surprise de voir en chair et en os, le champion du monde des rallyes, comme si l’Irlande ne m’avait pas assez fait de cadeaux, je croise une de mes idoles, Sébastien Loeb. Il est vrai que croiser Bono aurait été plus logique.
Sisco me fait une proposition que je ne peux refuser, me prendre en photo avec lui. Quelques mots échangés rapidement, il est déjà l’heure d’embarquer. A croire que tout était prévu pour rendre ce week-end à jamais immortel dans nos mémoires.
Nous passons les portiques de sécurité sans encombres, Clem n’a pas eu le droit à sa fouille approfondie. Un dernier regard vers l’écran qui nous indique que notre avion prendra son envol dans une bonne heure. Nous flânons dans les diverses boutiques, Arnaud en profite pour faire quelques emplettes, et d’un pas lent, nous nous dirigeons vers le terminal pour monter dans l’aigle d’acier qui nous arrachera d’ici quelques minutes à nos rêves irlandais.
De retour à Amiens, les yeux brillants comme ceux des enfants devant leurs cadeaux de Noël, nous nous réunissons au pub autour d’une Guinness, pour achever ce merveilleux séjour. En entrant dans le bar, j’ai compris instantanément pourquoi je suis autant attaché au My Goodness, le staff a réussi à imprégner le pub de sa culture, de la culture irlandaise.
Certains de nos amis sont là, ils écoutent notre récit, certaines de nos péripéties, et voient sur notre visage la fatigue d’hommes heureux. Heureux d’avoir passé un moment unique, inoubliable (oui, je sais, je l’ai déjà dit !).
Quelques jours avant le départ, un certain Paul J. m’a dit : "Tu vas aller dans mon pays pour la première fois de ta vie, mais ça ne sera pas la dernière...". Je dois maintenant admettre ses talents de devin, je suis prêt à nouveau à parcourir l’Irlande pour me vider la tête, et surtout des pintes de Guinness.
Pour conclure, je voudrais juste dire un grand merci à Mr Thierry M. sans qui nous n’aurions pas eu l’occasion de faire un séjour aussi « amazing », merci pour toutes les anecdotes et pour tous les récits historiques que tu nous as conté. Merci aussi au staff du My Goodness, sans qui le pub n’aurait probablement pas la même saveur, et aussi pour le courage qu’ils ont de nous supporter au quotidien.

30 juillet 2009
Proprissime !
Congratulations pour ce premier “featuring” d’écriture sur mon blog.
J’ai bien envie d’aller m’envoyer quelques Guinness maintenant !
30 juillet 2009
Ca me donne encore plus envie d’y aller votre road-trip. Très bon style d’écriture.